l'avion rose

Nouvelles érotiques au féminin, poésies saphiques, littérature lesbienne

Bastille, 17H13

Toutes les portes ont une couleur : rouge, bleue, parfois transparentes… Celle-ci est blanche, avec un fin liseré noir l’encadrant, lui donnant la touche d’un tableau de Mondrian. C’est à cette porte que j’ai frappé, doucement, avec la paume de la main, presque en étouffant le bruit de ma frappe, tant les battements de mon cœur suffisaient à signaler ma présence.

 

Elle a ouvert la porte derrière laquelle j’aurai voulu me cacher encore un peu, anxieuse de me retrouver ainsi, à découvert, sans l’ombre d’un refuge. Je n’avais pas de souffle, plus de force, tremblante, défaillante, éperdue, comme face à un coup de poker décisif, où l’heure n’est plus au bluff mais qu’il faut abattre ses cartes.

 

Elle a ouvert la porte et m’est apparue, toute aussi étonnée de me trouver là alors même qu’elle m’attendait, depuis si longtemps. J’ai entendu le son d’une légère déchirure, sans doute celle de mon cœur qui s’ouvrait, de mon âme qui s'incisait Elle m’a tendue la main et m’a offert de me glisser contre elle, ses bras ouverts se refermant alors sur moi. Sensation première, explosion du cœur, de nos corps qui se plaquent irrémédiablement attirés l’un vers l’autre, deux pôles d’un aimant qui enfin se reconstitue. Pas de mot, mais des soupirs mêlés au premier baiser, premier contact, mes lèvres sur ses lèvres, première fois, enfin, tant espérée.

 

Je crois que c’est moi qui ai refermé la porte, abandonnant aussitôt paquets, sac, retenue, pudeur. Je suivis alors cette main qui m’entraînait si fermement. Je découvrais sa surprise, son étonnement, son attente, son sourire. Elle décelait mon vertige, mon ravissement, mon appréhension, mon désir. Il y eut un « bonjour », je crois, à peine murmuré tant nos souffles ne se reprenaient pas. Et toujours cette force dans nos bras qui elle ne se relâchait pas.

 

Unies, nous étions unies et si le doute de cette longue route qui, par inadvertance, chance, découverte, attirance, respect, échanges, émois, vibrations, sensations, besoin, nécessité, volonté, émotions… pouvait encore si légèrement planer dans cette rencontre hasardée, il fut balayé par nos regards, nos yeux qui sombrèrent l’un dans l’autre, s’accrochèrent aussitôt pour ne plus se dissocier pendant des heures, qui devinrent nuit, puis jour, puis à nouveau nuit…

 

Dans ses bras, je la découvrais.

Sous mes baisers, elle m’apprenait.

Dans un grand lit blanc et bleu, nos corps se dévoilèrent.

 

Pour ne plus se perdre…

 

 

 

 

 

 

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M. T.

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Chester 28/12/2009 11:02


Sa saveur, sa force ...et son sens.


M. T. 28/12/2009 12:08


... son sens... tout son sens... oui...


lily 27/12/2009 01:06


de très haut se perdre profondément dans cet océan de sentiments et de sensations ... que cette vague emporte ce moment et en fasse une vie ... et qu'elle soit votre.


M. T. 28/12/2009 00:01


Merci Lily, toujours aussi attentive.... cette vague, effectivement, est d'une amplitude extraordinaire et me porte vers
un horizon que j'osais à peine imaginer tant il est... magique ?.. Il faut parfois prendre le risque de la chutttte....


Chester 26/12/2009 15:15


Qu'il est puissant ce moment où l'esprit lâche enfin prise et où seules les émotions parlent...


M. T. 27/12/2009 23:57


Oui.. cela fait partie de ces moments qui donnent à une vie toute sa saveur et sa force. Un moment d'exception...