l'avion rose

Nouvelles érotiques au féminin, poésies saphiques, littérature lesbienne

Charlotte

« « Je ne sors plus, je ne bois plus, je ne baise plus, je… » A écouter Charlotte se plaindre ainsi, je me demandais vraiment comment elle réussirait à se sortir de sa léthargie programmée, presque assumée, pour le moins clamée. « Non, tu comprends, plus rien ne m’intéresse, les brunes, les blondes, ça me gave, les mecs, les riches, mon boss, le silence…. » J’avoue que j’avais un peu de mal à suivre son discours parfois décousu souvent en perte de sens mais que je connaissais pourtant si bien. En fait, c’est exactement ce qui me sauvait. Je connaissais si parfaitement la diatribe de mon amie que j’aurai pu la finir à sa place mais surtout, soulagement suprême, cela m’exonérait de l’écouter avec attention. Alors il me suffisait, de temps à autre, d’hocher la tête de bas en haut, de laisser s’échapper un léger « ha… » ou « Ho ! » pour rester dans la conversation et disséminer comme des petits cailloux derrière moi mes marques d’attention. Charlotte, imperturbable, continuait de piapiater… C’était exactement cela, le piapia d’un piaf sur sa branche branlante du haut de son air courroucé. Charlotte était en colère. Charlotte était déçue. Charlotte était triste. Charlotte était seule. Je me dédouanais néanmoins de mon manque d’attention en éprouvant sincèrement une certaine compassion à son état de célibataire toujours à la traîne qui voudrait bien passer au mode couple mais  non, décidément, ne trouve personne avec qui partager le vide de sa vie. J’avais beau essayer, de temps à autre, de stimuler sa volonté et lui faire prendre conscience que peut-être dépendait d’elle et de son asociabilité notoire le fait de systématiquement quitter les soirées sans être accompagnée, Charlotte n’en démordait pas. Personne n’était assez à la hauteur pour reconnaître qui elle était, cette femme extraordinaire pour qui la planète lesbienne entière aurait du se battre pour avoir l’insigne honneur de partager sa couette, même si je lui avais fait remarquer qu’un lit en 140 n’était pas des plus propices aux ébats fougueux des gazelles.. Non, Charlotte n’en démordait pas et la terre dans toute sa mondialisation florissante était contre elle et bien stupide de ne pas reconnaître enfin tous ses talents évidents. Charlotte était mon amie, aussi je l’écoutais, du mieux que je pouvais, compatissante, dans la meilleure des intentions possible, cherchant à lui apporter dans mon soutien passif (on ne pouvait placer un mot lorsque la logorrhée de Charlotte s’emballait) une aide et une attention certaine. Pourtant, malgré tous mes efforts amicaux, j’éprouvais de plus en plus de difficultés à réprimer un bâillement intempestif qui commençait sérieusement à endolorir mes zygomatiques ainsi tendus et crispés. Seulement vingt minutes depuis nos retrouvailles dans ce bar de Bastille et déjà, je m’ennuyais ferme. Je recommandais un verre, le mien étant déjà vide, alors que Charlotte avait à peine touché au sien tout occupée qu’elle était à se plaindre.

 

La salle en ce début de soirée commençait à se remplir doucement. Population mixte, garçons efféminés lorgnant sur les pectoraux gonflés des sportifs sortant directement de la salle de gym voisine ; jeunes filles en groupe de trois, quatre, riant trop fort pour valider leur présence ; quelques couples aux mains enlacées de peur qu’on ne les remarque pas ; et aucun célibataire. Je l’avais bien dit à Charlotte. Si on vient à deux, on va nous croire ensemble et personne ne viendra alors à sa rencontre. Il fallait qu’elle prenne des risques et ose seule se lancer en soirée afin de passer le message évident : je suis libre, profitez-en. Mais non, Charlotte abhorrait les sorties en solitaire, ce que je voulais bien comprendre, et préférait ma compagnie m’obligeant en revanche à venir non accompagnée sous le prétexte fallacieux que ce qu’elle avait à me dire, elle ne pouvait le dire qu’à moi. Cela faisait la troisième fois du mois que je m’étais laissée prendre à sa demande et m’était jurée, en me préparant avant de la rejoindre, que c’était bien la dernière. Mais pour l’heure, Charlotte chougnait, reniflant bruyamment dans son kleenex après être revenue abondamment sur l’épisode Valérie qui l’avait trahie, Valérie qui lui avait fait beaucoup de mal, Valérie qui vraiment n’avait rien compris. J’avalais mon verre presque cul sec et avant que la serveuse ne disparaisse engloutie par la clientèle de plus en plus nombreuse, lui en redemandait un autre.

 

« Tu n’as jamais pensé à t’inscrire sur un site de rencontre pour… ? » Je ne pris pas la peine de finir ma phrase, Charlotte venant de me foudroyer du regard en me faisant sentir avec force l’ignominie de mon propos pourtant bien innocent à mes yeux. « Mais non, ne le prends pas comme ça… on peut faire des rencontres sympas »… essayai-je de surenchérir avec douceur. « Parce que toi, tu as rencontré quelqu’un comme ça ?! »… « Non… » avouais-je penaude et honnête. « Mais je ne m’y suis jamais inscrite non plus alors… » « Et pourquoi ? » Je commençais  à comprendre que cette conversation finirait pas mal tourner pour moi. « Je n’en ai pas vraiment eu la…  nécessité.. » « Pourquoi ?! » Charlotte devenait insistante et je comprenais qu’elle allait alors chercher en moi la petite bête qu’elle viendrait écraser de la pointe de ses talons trop hauts. « J’en ai pas eu besoin.. » ne pouvais-je que répéter maladroitement « Généralement, je n’ai pas besoin de cela pour faire des.. des rencontres ?». Je sais, j’aurais du me taire ou trouver un argument plus délicat, tout au moins qui ne renverrait pas mon amie Charlotte au mur de sa pénitence d’asociale, mais il était lâché et je n’y pouvais plus rien. La réaction ne se fit pas attendre. Charlotte remballa ses affaires, c’est à dire, ses deux boites de kleenex et son baume à lèvres à l’eucalyptus bien plus sûrement rédhibitoire aux rapprochements que son manque de sourires et fit mine d’attraper son gilet haute couture acheté en solde sur internet lors des ventes privées dont elle connaissait par cœur les dates comme un signe distinctif de son profil de modeuse ultra-hype.

 

Heureusement, encore plus rapidement qu’elle, je choppais le dit gilet parme à poix noirs, certaine qu’elle ne partirait pas sans et affichais mon air le plus contrit et attentionné possible. « excuse-moi ma belle, j’ai été maladroite, vraiment » « Tu m’as fait du mal » me retoqua Charlotte. « J’en suis désolée » me dépêchais-je de rajouter. Hésitante entre un départ théâtral mais sans son gilet et se rasseoir au risque de perdre la face, Charlotte resta comme en suspension au-dessus de la table, balançant d’un pied sur l’autre son expectative. Elle se rassit brusquement, fouilla à nouveau dans son immense sac cabas afin d’en extirper l’un des deux paquets de mouchoirs qu’il avait au préalable englouti. Je ne bronchais pas, dans l’habitude que j’avais de son attitude, que Charlotte se mouche puis me regarde à nouveau avec une petite moue résignée. Je recommandais cette fois-ci deux verres pour bien montrer à Charlotte toute ma contrition et mon désir de faire la paix.

 

« Un mojito et un cocktail pamplemousse orange ? » me demanda de confirmer la serveuse. Je la regardais presque hébétée comprenant à posteriori ce qu’elle me demandait. Il faut dire à ma décharge que la salle était devenue extrêmement bruyante et qu’il m’arrive, surtout après le troisième verre, de ne plus me souvenir exactement, non pas de ce que je bois, mais du nom de la boisson. J’acquiesçais en espérant avoir fait le bon choix dans le fait d’empêcher Charlotte de partir, ce qui, mis à part un passager désagrément amical, m’eût libéré de la  contrainte de son écoute.

 

« Non, tu comprends… je trouve que ces filles sont vraiment… » Charlotte était repartie, j’étais rassurée au moins sur un point, elle ne m’en voulait pas et j’eus en dix minutes une explication détaillée sur les névroses trimballées par les lesbiennes qui permettaient à Charlotte de s’en tenir éloignée. Personnellement, je ne comprenais pas très bien de quelles névroses Charlotte voulait parler et alors que son discours induisait que toutes ces filles ne pensaient qu’au sexe, je ne voyais décidément pas où était le problème. Soudain, j’eux comme une révélation. Charlotte, sous des airs d’une extrême féminité, était totalement asexuée. Elle n’était pas dans la séduction et celle-ci, lorsqu’elle s’opérait à son égard, lui était étrangement désagréable. Je ne pus alors empêcher la question. « Dis-moi Charlotte, tu as déjà couché avec une fille ? ». Charlotte me regarda, les yeux exorbités, comme si je venais de prononcer une grossièreté impardonnable et le silence qui s’en suivit fut pour moi une révélation incroyable. Charlotte n’avait jamais passé le cap du flirt. « Tu n’as jamais couché ?!... » « Bon ben ça va, tu ne vas pas le crier à la terre entière non plus ! et pourquoi ça serait une obligation d’abord ?! » « Mais je ne te parle pas d’obligation, moi, je te parle de… de plaisirs… de désirs… » « Ouais…ben non » . Si les portes d’un monde parallèle s’étaient ouvertes à ce moment là devant moi dans la déchirure bruyante d’un vortex spatio-temporel, je n’en aurais pas été plus étonnée. « Mais c’est pas possible… » « Ben si et c’est comme ça ». Je retrouvais là la grande Charlotte qui, lorsqu’aucun argument ne lui seyait ou tout simplement lui venait en tête, coupait court à la conversation d’un péremptoire « et c’est comme ça ». Alors nimbée de toute sa dignité, Charlotte porta à ses lèvres mentholées son verre cocktail de pamplemousse orange. Ma décision fut prise instantanément. Ce soir serait le grand soir de Charlotte, l’heure de son éveil, de sa sensualité, de sa prise de conscience que le partage dans l’amour passe aussi par celui des corps.

 

Évidemment, le plus simple eut été de me dévouer mais je doutais alors de la faculté de Charlotte et de moi-même à supplanter notre intimité de grandes copines pour aborder celui plus profond des alcôves. Non, je n’étais pas la bonne personne. Mais alors qui ? Peut-être après tout avais-je déjà mon idée. Depuis près d’une heure de confidences charlotiennes, j’avais eu le temps d’observer un petit groupe en face de nous, cinq filles aux allures sages mais souriantes, qui, tournée après tournée, chacune prenant la sienne à son compte, commençaient à se laisser aller à une libération de bon aloi accompagnée de fous rires intempestifs et annonciateurs d’un relâchement certain. Avalant mon quatrième… heu… mojito ?... je pris la main de Charlotte, lui flanquant son gilet griffé dans les bras en lui murmurant un « ce soir, ma belle, tu ne repars pas seule ».  Je ne suis pas sûre que Charlotte entendit ma phrase et comprit comment, en moins de trente secondes, nous étions passées de notre table du fond, celle qu’elle choisissait toujours, à celle bruyante mais non moins sympathique, de notre groupe enjoué quoique légèrement médusé de notre arrivée soudaine. Je fis les présentations dans la foulée. « Bonjour, moi c’est Martine et elle, c’est ma copine Charlotte, vous arrivez de Toulouse ? » Mon oreille bio-ionique avait en effet capté ce détail salutaire qui me permit aussitôt de créer le lien. « Nous aussi on vient de là-bas ! C’est cool de se retrouver ici !  ça ne vous dérange pas si on se joint à vous ? » « Mais t’es cinglée, on vient pas de Toul… » j’eu juste le temps d’enfoncer mon coude dans l’avant-bras de Charlotte pour lui intimer le silence et lui réclamer son admiration devant cette faculté que j’ai toujours eu d’aller à la rencontre des autres.  Et effectivement, il n’en fallut pas plus et quelques minutes plus tard et deux tournées supplémentaires, la mienne et celle, forcée, de Charlotte, à qui j’avais intimé l’ordre de prendre comme moi un… un… heu… enfin le même verre.. nous étions devenues toutes les meilleures amies du monde.

 

La musique dans le bar avait monté d’un cran augmentant d’autant les décibels des conversations. Il fallait maintenant plonger dans le cou de sa voisine pour se faire entendre. J’avais pris soin de m’asseoir non pas à côté de Charlotte mais bien en face pour lui laisser ainsi la liberté de converser avec nos charmantes toulousaines sans la quitter des yeux afin de pouvoir l’encourager à plus de convivialité. Et cela fonctionnait plutôt bien, chacune semblant s’amuser et se plaire dans ce lieu et en notre compagnie, et moi enfin aux anges d’échapper, je devais bien l’avouer, au discours de sinistrose de mon amie. Et puis, il y avait Mélanie, charmante toulousaine habitant Place Jeanne d’Arc, lieu que je connaissais quelque peu pour y avoir fait le départ de deux gays pride, du temps d’une charmante idylle dans la ville rose. Bref, la soirée qui s’annonçait sous des auspices plutôt pénibles devenait des plus agréables voire aventureuse, d’autant que Mélanie venait de glisser sa main dans la mienne, jouant sans en avoir l’air avec mes doigts. Un coup d’œil à Charlotte me fit comprendre qu’elle aussi semblait passer un bon moment en compagnie de sa voisine avec qui, désormais, elle conversait sans discontinuer. Je priais, malgré ma main prisonnière dans celle de Mélanie, pour que cela mena Charlotte à un dénouement des plus heureux.

 

De nos cinq toulousaines, trois s’étaient levées pour danser. Ne pouvant moi-même résister à l’envie de quelques pas rythmés, j’entrainais Mélanie et sa main sur la piste, laissant Charlotte dans une conversation qui, si je n’en n’entendais pas les propos, semblait la plonger ainsi que sa camarade de jeu dans une  symbiose quasi parfaite. Charlotte était-elle en train enfin de se révéler à elle-même et de passer du rôle de l’attentiste bougon à celui de l’énamourée diffuse ? Un bref baiser entre les deux suivi d’un plus languissant partage me convainquit du bienfondé de ma démarche précédente et que finalement, provoquer le destin peut se révéler des plus prometteurs. Devant mes yeux, Charlotte venait d’enrouler ses bras autour des épaules de sa toulousaine, dont je n’avais pas retenu le prénom, et, en espérant que ses cocktails avaient eu raison de son baume à lèvres, appliquait ses dernières avec force de persuasion sur celles de sa voisine. La main gasconne se glissa ensuite avec beaucoup de délicatesse sous le corsage de mon amie qui, se cabrant en soupirant,  ne fit aucun cas de son gilet à poix qui venait de choir par terre. Encore un peu et ses deux là allaient, dans le chaos du bar échauffé, se prendre l’une et l’autre devant nous.

 

Qu’arrivait-il à Charlotte ou tout au moins, que m’arrivait-il ?... Je venais de lâcher la main mélanienne et n’en pouvait plus de regarder avec stupeur le couple ainsi enlacé, caressant, tout en gestes doux et langues mêlées. Je figeais sur place, déconcertée, décontenancée éprouvant subitement l’improbable, une jalousie féroce de voir ainsi ma Charlotte sans plus de retenue, se laissant aller aux baisers et délicates attentions de la jeune fille à peine rencontrée. Je sentais venir en moi une espèce, non pas de rage, au contraire, mais de vagues de désirs, d’envie folle de me retrouver entre elles et d’être alors celle qui subirait leurs assauts amoureux. Mais je compris qu’à moins de créer un esclandre ou pire, de gâcher ce moment si sensuel entre les deux, je ne pouvais rien faire d’autre que de rester le témoin impuissant de la montée de leurs propres désirs et du mien. Bousculée, plantée au milieu de la piste de danse, totalement insensible aux appels de Mélanie, je regardais alors ces deux femmes si subitement ancrées, si intensément attirées, en proie à l’instinct du plaisir se lever alors d‘un mouvement commun, se sourire et quitter le bar sans autre regard que celui qu’elles avaient l’une pour l’autre.

 

Je mis plus d’une heure à rentrer chez moi, après avoir balbutié quelques excuses idiotes à ma charmante toulousaine quelque peu surprise, mais que je n‘espérais pas trop froissée, de mon départ soudain. Malgré une immense fatigue ressentie, je n’eus pas le courage de prendre un métro bondé de son heure tardive et préférai dans une marche solitaire tenter de comprendre ce qu’il m’était arrivé à la vue de cette scène qui avait mis mes sens instantanément sans dessus dessous. Ce soir, c’est moi qui allait, seule, refermer ma porte et ce bruit fut bizarrement des plus désagréables. Ne pouvant me résoudre à aller me coucher, je m’installais dans un fauteuil sans allumer la lumière cherchant au fond de mes pensées et dans toute cette obscurité, ce que j’avais bien pu rater. Rien n’y fit de mes pensées et mon entendement resta lettre morte. Le silence autour de moi me fit frissonner. Je n’étais plus capable de rien. A la main, je tenais encore le gilet dernier cri de cette Charlotte inconnue que je me promettais, dès le matin, d’appeler, dans l’espoir sans doute bien fragile qu’elle me propose à nouveau de venir la rejoindre, au fond d’un bar, et me parler.

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M. T.

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paradisbulle 10/04/2012 16:25

voila plus ou moins dix ans que l'on s'était croisée et... que de temps perdu

M. T. 10/04/2012 16:53



Grande question ! Perd-on son temps à attendre ?



Chester 09/10/2011 08:38


La réponse est oui, inévitable venant de moi, quitte à passer pour une sauvage. Ou bien cela vous aide à tourner la page ou bien cela permet aux choses de reprendre la place qu'elles doivent avoir.
Enfin ça, c'est dans la théorie, dans la pratique, cela permet au moins d'évacuer les frustrations. Et si cela vous amène à retrouver votre écriture, alors, me permettez vous de venir hurler avec
vous ?


M. T. 10/10/2011 11:52



Mais vous êtes la bienvenue !!! Venez hurler avec moi !!! Que ce cri nous soit bénéfique, libérateur, et provocateur d'avenir !



Pop's 30/09/2011 08:07


C'est un plaisir de relire vos nouvelles ... La huitième vague (celle de l'écriture) est sur le chemin du retour pour mon plus grand plaisir... Que le silence autour de vous ne vous fasse pas
frissonner, vous êtes capable de tout ….


M. T. 07/10/2011 11:40



Paradoxalement, c'est un plaisir.. comment dire... douloureux... La machine peine, cale, redémarre poussive puis cale à nouveau. C'est extraordinaire de constater combien l'écrit, dans ce qu'il a
de fictionnel, d'inventif, de création pure, mais aussi de spontanéité, peut à ce point être affecté par un contexte perturbé et se brouiller alors, voir presque fondre, disparaître ou tout au
moins, rester bloqué comme un cri au fond de la gorge. Vous croyez que je devrais hurler une bonne fois pour toute ?