l'avion rose

Nouvelles érotiques au féminin, poésies saphiques, littérature lesbienne

Mon Parfum

Mon parfum sent le musc blanc la vanille et l’ambre

Sa tête est de lys, son cœur de jasmin

Je le disperse en fin nuage

Vapeur de senteurs particules brillantes

Nue, il m’habille

Vêtue, il me déshabille

Il est navire qui creuse mon sillage

Mon parfum est le mien depuis tant de longtemps

Deuxième peau je me glisse le matin dans sa bruine

Et si j’oublie, alors, je ne sais, d’où je viens

Qui je suis

N’ayant plus en repère cet odorant subtil indice

Mon parfum est léger, fil ténu qui à vous me lie

Fragile empreinte dans le creux de votre lit

Qui adoucit vos rêves lorsque déjà

Je suis loin

 

 

 

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M. T.

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Ophélie Conan 23/09/2009 11:13


Je lis et relis très souvent ce poème que j'ai copié-collé et rangé dans le panthéon de mes poèmes préférés, aux côtés des plus grands de la langue française. A mon humble avis, c'est le plus beau
de tes textes. Je l'aime parce qu'il est infiniment musical, mais aussi parce que je le trouve courageux, parce qu'il dit quelque chose d'essentiel, parce qu'il approche le corps de très près,
qu'il n'esquive pas ou peu l'essentiel.


dsyn 16/09/2009 17:58

De belles lignes à lire... et sentir, frémir, peut-être rougir, imaginer, rêver encore et encore de la fragrance d'un anonyme corps...

M. T. 16/09/2009 18:28


Merci de cette déliceuse pensée. J'aime cette imagination très... sensitive...


Ophélie Conan 15/09/2009 22:51

Un très grand bravo pour ce superbe poème, infiniment musical, tout en murmures, en émanations, en frémissements, en froissements, en glissements, en aériennes et ineffables fragrances... Vraiment, j'applaudis, bravo Angie!

M. T. 16/09/2009 11:46


Un parfum, comme une signature, mais pas celle d'Angie, cette fois-ci.


La Parallele 15/09/2009 13:32

Que serait une Femme sans son parfum ?
Subtilement, vous m'enivrez un certain nombre de sens. Ce fût d'abord un soir où il m'a semblé vous effleurer, puis j'ai cru entendre votre voix au creux de mon oreille qui me sussurait des mots intimes, et enfin ce fût votre parfum que j'ai presque deviné en osant m'approcher de vous... Sens olfactif, le toucher, l'ouïe. Ode à la plus troublante des tentations... Omission volontaire de votre part ? Manque encore la vue et... Le goût... Faceà vous j'avance à l'aveugle. Otez moi ce bandeau que je puisse vous contempler en face ou laissez moi le temps de goûter savamment à vos baisers afin de décupler le goût de votre banche mêlée à la mienne...

M. T. 16/09/2009 11:34


Ne pas exciter tous les sens en même temps, et apprivoiser cette petite douleur exquise et lancinante de l'attente. Notre plaisir n'est-il pas dans ce temps en suspension ?