l'avion rose

Nouvelles érotiques au féminin, poésies saphiques, littérature lesbienne

Là où je suis (suite)

Là où je suis, on pourrait être seule, on pourrait se plonger dans le silence vibrant des cigales, on pourrait écouter les ramures des arbres se frotter les unes contre les autres lorsque qu’une brise passe, par hasard. On pourrait, mais on ne peut pas. Il y aura toujours de la musique, des conversations, des enfants qui jouent, le chien qui jappe de contentement un bâton à nos pieds, et moi qu’on cherche, qu’on appelle si je m’éloigne trop.

 

On me dit : viens, ce sont les vacances, tu veux boire quelque chose ? Dis, t’écris quoi ? Je peux monter sur tes genoux ? Regarde, tu as vu l’aigle qui volait au dessus des pierres sèches ? alors, je me laisse, je me laisse aller, je me laisse aller vers eux.

 

Et le chien arrive en courant pour se mettre sous ma protection, poursuivi par de petits diablotins qui l’appellent et crient dès qu’il revient vers eux. Ils sont si joyeux, je referme mon Mac et j’écoute leurs histoires. Le chien est parti se coucher à la fraîche, je crois qu’il se cache un peu, fatigué, haletant des courses incessantes, mais les enfants l’ont vu et le chien se relève, langue pendante et les suit, trop heureux de ce jeu. Ils disparaissent derrière la bergerie. Je sais qu’ils reviendront. Ce sont eux qui courront et viendront chercher ma protection, poursuivis par le chien, étonné de ce brusque revirement mais qui trouve cela encore plus drôle. Ils communiquent. Je perds ma concentration. Un fruit rouge tâche la page de mon carnet de notes.

 

Là où je suis, les mûres vous tombent dessus.

Retour à l'accueil

À propos

M. T.

Et si vous, vous me donniez votre avis ?...
Voir le profil de M. T. sur le portail Overblog

Commenter cet article

Ophélie Conan 17/08/2009 21:57

Pauvre Angie! Mais je sûre que tous ces petits inconvénients te ravissent, non? En tout cas, tu les décris si bien. Ce sont des scènes de la vie. J’adore aussi les scènes de la vie.