l'avion rose

Nouvelles érotiques au féminin, poésies saphiques, littérature lesbienne

On m'a dit

On m'a dit

On m’a dit que tu restes dans ta chambre

Que tu ne la quittes plus.

Que tu ne veux plus sortir, voir le monde

Bouger, parler, que tout cela t’angoisse

Que tout cela t’ennuie.

 

Tu restes à lire, à rêver

Devant ta fenêtre et cela suffit

Sur une musique lointaine et douce

Tu brosses tes cheveux longs, si longs.

 

Parfois tu fumes

Une, deux, trois cigarettes

Et tu soupires, languissante

Au profil de la nuit

Qui de douceurs t’enveloppe.

 

Tu n’as besoin de rien

De rien d‘autre

Être là te suffit

Et le temps n’existe plus

Inutile

Ni plus long, ni plus court

Juste un souffle qui te lasse

Et que, parfois, ta main enlace

 

As-tu donc oublié ce monde

Toutes ces rumeurs qui grondent

Que d’emblée tu abandonnes

Au dehors et à l’ailleurs ?

 

As-tu donc rejeté les rires

Tous ces mots et ces plaisirs

Que sans doute je t’apportais

Quand au hasard tu me lisais ?

 

On m’a dit que tu ne bouges plus

Que ton corps sur le dos repose

Et ta main en suspend sur ton sein

A peine frôle ce que le souffle dresse

 

Que tu refuses

Encore d’aller plus loin

Refoulant tes désirs

Et ce que ton ventre appelle

Lorsque doucement il se soulève

 

Dois-je y croire 

Vraiment

A tous ces tourments

Ces gestes lents

Tout ce reniement ?

 

Non.

Rien ne m’y oblige

Parce que je sais en toi

L’ivresse et le vertige

Lorsqu’à moi tu t’obliges

 

Donne, donne, et prends

Ne te mets pas en suspend

Corrige la nonchalance

Qui te perd et t’endort.

 

Sort. Reprends la main.

Sur toi, sur ta peau

Et tout ce qui vit vibrera

 

Parce que tout est là

En toi, sur toi, contre toi

Dans un écart

Dans une esquisse

Dans un frisson

Dans un délice

 

Le chaud. Le doux. L’humide

Le creux. Le plein. Le rond

Et le dur si lisse

Juste là qui s’immisce.

 

A toi le plaisir

A portée de tes doigts

Douce musique qui vibre

En échos profonds

 

Continue et ne t’arrêtes

Avant de ressentir la fièvre

Qui en toi montera

Comme une sève

 

Alors je saurai que tu te cambres

Et avec toi dans une chambre

Je glisserai au Mont Vénus

Tous mes secrets

 

Alors tu sauras qu’ailleurs d’ici

Près de toi et avec toi

D’autres caresses sans fin ne cessent

Pour te conduire et me conduire

Encore et encore à jouir

 

Je te le jure

Te le promets.

A lire et me relire

Tu n’auras plus qu’à ressentir

 

Et après, seulement après,

Tu pourras si tu le veux

Brosser tes cheveux longs, si longs.

 

 

 

 

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